Dysbiose : comment la détecter et agir sur votre microbiote intestinal

Dysbiose : comment la détecter et agir sur votre microbiote intestinal

Ballonnements chroniques, fatigue persistante, digestion difficile, immunité fragile, troubles de l’humeur…Ces symptômes sont souvent traités séparément, alors qu’ils peuvent avoir une origine commune : un déséquilibre du microbiote intestinal, appelé dysbiose.

La dysbiose n’est pas une maladie en soi, mais un terrain biologique altéré, qui perturbe de nombreuses fonctions de l’organisme. La bonne nouvelle, c’est que le microbiote est vivant, plastique et réversible : il évolue en permanence en fonction de notre alimentation et de notre mode de vie.

Comprendre la dysbiose, c’est reprendre le pouvoir sur sa santé digestive, et bien au-delà.

Qu’est-ce que la dysbiose intestinale ?

La dysbiose correspond à un déséquilibre du microbiote intestinal, caractérisé par :

  • une diminution de la diversité bactérienne
  • une baisse des bactéries bénéfiques
  • et/ou une prolifération de micro-organismes moins favorables

Un microbiote équilibré est diversifié, stable et fonctionnel. En situation de dysbiose, cette harmonie se rompt, ce qui altère la digestion, la barrière intestinale et la communication entre l’intestin et le reste du corps [1][2].

La dysbiose n’est pas toujours visible, mais ses effets se font rapidement sentir.

À quoi sert un microbiote équilibré ?

Le microbiote joue un rôle central dans :

  • la digestion des fibres
  • la production d’acides gras à chaîne courte (AGCC)
  • le maintien de la muqueuse intestinale
  • la régulation de l’inflammation
  • la modulation de l’immunité
  • la communication avec le cerveau via l’axe intestin-cerveau [3]

Lorsque le microbiote est équilibré, ces fonctions sont assurées de manière fluide. Lorsqu’il est déséquilibré, l’ensemble du système devient plus vulnérable.

Quels sont les signes possibles d’une dysbiose ?

La dysbiose s’exprime rarement par un seul symptôme isolé.
Elle se manifeste plutôt par un ensemble de signaux chroniques, parfois fluctuants.

Les signes les plus fréquents incluent :

  • ballonnements fréquents
  • inconfort digestif après les repas
  • transit irrégulier (constipation, diarrhée ou alternance)
  • fatigue persistante
  • sensibilité accrue aux infections
  • troubles cutanés
  • fluctuations de l’humeur ou du stress

Ces manifestations reflètent une altération de la fonction intestinale et de la communication intestin–cerveau [4].

Pourquoi la dysbiose s’installe-t-elle ?

La dysbiose ne survient pas brutalement. Elle est généralement le résultat d’une accumulation de facteurs, parmi lesquels :

  • une alimentation pauvre en fibres
  • une consommation excessive de produits ultra-transformés
  • des pics glycémiques répétés
  • le stress chronique
  • le manque de sommeil
  • les antibiothérapies répétées
  • certains médicaments (anti-inflammatoires, IPP)

Parmi ces facteurs, l’alimentation reste le déterminant le plus puissant et le plus modulable [5].

Dysbiose, inflammation et barrière intestinale

Un microbiote déséquilibré produit moins d’acides gras à chaîne courte, notamment le butyrate, essentiel à la santé de la muqueuse intestinale.

Cette carence fragilise la barrière intestinale, favorisant une perméabilité accrue.
Des fragments bactériens peuvent alors passer dans la circulation, stimulant une inflammation chronique de bas grade [6][7].

La dysbiose est donc intimement liée à l’inflammation systémique.

Comment détecter une dysbiose ?

Dans la pratique, la dysbiose est souvent suspectée cliniquement, à partir des symptômes et du contexte de vie.

Il existe également des analyses de selles permettant d’évaluer la composition du microbiote, mais elles ne sont pas toujours nécessaires en première intention.

L’essentiel reste d’identifier les facteurs de déséquilibre et d’agir sur le terrain.

Comment agir sur la dysbiose de façon durable ?

La prise en charge de la dysbiose repose sur une approche progressive et globale, centrée sur l’alimentation et le mode de vie.

Nourrir le microbiote avant de vouloir le “corriger”

Avant de chercher à ajouter des probiotiques, il est fondamental de restaurer le terrain.
Sans fibres prébiotiques, les bactéries bénéfiques ne peuvent ni se développer ni se maintenir durablement.

Les fibres fermentescibles sont donc la pierre angulaire du rééquilibrage intestinal [8].

Le rôle clé des fibres et des prébiotiques

Les fibres, en particulier solubles et fermentescibles, nourrissent les bactéries intestinales et favorisent la production d’AGCC.

Ces métabolites :

  • renforcent la muqueuse intestinale
  • réduisent l’inflammation
  • améliorent la tolérance digestive
  • soutiennent la régulation métabolique [6][9].

Une augmentation progressive des fibres est essentielle pour éviter l’inconfort digestif.

Pourquoi l’avoine est un allié précieux en cas de dysbiose

L’avoine est l’une des céréales les mieux tolérées en situation de dysbiose.

Elle apporte :

  • des fibres solubles (bêta-glucanes)
  • une fermentation douce
  • une excellente tolérance digestive
  • un soutien de la glycémie

Les bêta-glucanes de l’avoine possèdent un effet prébiotique documenté et favorisent la production d’AGCC [10][11]. Ils font également l’objet d’une allégation santé validée par l’EFSA concernant la réduction de la réponse glycémique post-prandiale [12][13].

L'avoien sous forme de porridge ou d'overnight oats bien composés (fibres, protéines, acides gras de qualité) permettent de nourrir le microbiote sans l’irriter.

Les probiotiques : utiles, mais pas systématiques

Les probiotiques peuvent être intéressants dans certaines situations spécifiques : après une antibiothérapie, lors de troubles digestifs aigus ou de dysbioses marquées.

Cependant, sans un apport suffisant en fibres prébiotiques, leur effet reste souvent temporaire.

La priorité reste toujours l’assiette quotidienne.

Le rôle du petit-déjeuner dans la réparation du microbiote

Après le jeûne nocturne, le microbiote est particulièrement réceptif. Apporter des fibres dès le matin permet de :

  • relancer l’activité fermentaire
  • soutenir le transit
  • stabiliser la glycémie
  • améliorer la satiété.

Un petit-déjeuner riche en fibres, comme un porridge ou des overnight oats bien construits, constitue une base idéale pour agir en douceur sur la dysbiose.

Mode de vie et dysbiose : ne pas négliger l’environnement

Le stress chronique, le manque de sommeil et la sédentarité influencent directement la composition du microbiote via l’axe intestin–cerveau.

Une prise en charge efficace de la dysbiose inclut donc :

  • un rythme de sommeil régulier
  • une activité physique douce
  • une gestion du stress
  • une mastication consciente

La vision LAVOINE

Chez LAVOINE, la dysbiose n’est pas abordée comme un problème à “corriger”, mais comme un signal d’adaptation du corps. Nos recettes riches en fibres prébiotiques sont pensées pour soutenir le microbiote progressivement, sans brutalité ni restriction.

Le conseil de la nutrithérapeute LAVOINE

« Le microbiote ne se force pas. Il se rééquilibre quand on lui redonne ce dont il a besoin : du temps, des fibres et de la régularité. »

Conclusion

La dysbiose intestinale est fréquente, souvent silencieuse, mais loin d’être anodine.
En comprenant ses mécanismes et en agissant sur l’alimentation, il est possible de restaurer progressivement un microbiote plus équilibré.

Fibres, prébiotiques, régularité et douceur sont les véritables leviers du changement durable.

Sources scientifiques

(1) Lynch S.V. & Pedersen O. (2016). The human intestinal microbiome in health and disease. New England Journal of Medicine
(2) Valdes A.M. et al. (2018). Gut microbiota and cardiometabolic health. BMJ
(3) Cryan J.F. et al. (2019). The microbiota–gut–brain axis. Physiological Reviews
(4) Mayer E.A. et al. (2015). Gut-brain interactions. Nature Reviews Neuroscience
(5) Sonnenburg J.L. & Bäckhed F. (2016). Diet-microbiota interactions. Cell
(6) Canfora E.E. et al. (2015). Gut microbial metabolites and health. Nature Reviews Endocrinology
(7) Bischoff S.C. et al. (2014). Intestinal permeability. World Journal of Gastroenterology
(8) Gibson G.R. et al. (2017). The concept of prebiotics. Nat Rev Gastroenterol Hepatol (9) Tan J, McKenzie C, Potamitis M, Thorburn AN, Mackay CR, Macia L. (2014) The role of short-chain fatty acids in health and disease
(10) Fabiano GA, Shinn LM, Antunes AEC (2023). Relationship between Oat Consumption, Gut Microbiota Modulation, and Short-Chain Fatty Acid Synthesis: An Integrative Review(11) Thondre P.S. et al. (2014). Oat beta-glucan fermentation. Nutrition Journal
(12) EFSA Journal (2011). Beta-glucans and post-prandial glycaemic response
(13) European Commission - EU Register of nutrition and health claims (bêta-glucanes d’avoine)

Retour au blog

Vos questions fréquentes

Combien de grammes de fibres puis-je consommer par jour ?

L'ANSES recommande de consommer entre 25 à 30 g de fibres par jour.

Puis-je faire un "overdose" de fibres ?

Oui, au-delà de 40 g par jour, cela peut provoquer des inconforts digestifs (ballonnements, gaz). Nous vous conseillons de les les intégrer avec modération à votre alimentation si vous n'avez pas l'habitude d'en consommer.

Les enfants ont-ils besoin de fibres ?

Oui, mais en quantités adaptées à leur âge. Nous vous conseillons de prioriser les fibres douces (celles contenues dans les fruits, les graines ou les flocons d’avoine).

Les fibres font-elles maigrir ?

Les fibres n'ont pas un effet miracle sur la perte de poids (aucun aliment ne l'a). Comme souvent, la durée et la régularité sont de mise. Cependant, les fibres favorisent la satiété et régulent la glycémie, 2 factures qui peuvent aider à stabiliser le poids.